Plongée au cœur
des rodéos
urbains.
« Bruit, vitesse, tension. »
Dérapages contrôlés, courses clandestines, chassés-croisés avec la police. Durant plusieurs soirées, La Libre s'est immergée dans l'univers des rodéos motorisés. Un milieu où la vitesse et l'adrénaline flirtent sans cesse avec l'illégalité et le danger. Une enquête exclusive en trois épisodes — des aires d'autoroute wallonnes transformées en circuits de fortune aux commissariats des quatre coins du pays. Avec, détour obligé, les réseaux sociaux comme caisses de résonance du phénomène.
Louis Dominé et Nicolas Gobiet ont mené l'enquête au service Belgique. Ennio Cameriere a apporté son regard de photographe documentaire. Ma mission : direction artistique, design éditorial et développement front-end — donner au dossier une atmosphère cinématographique, sans tomber dans le clip d'action.
Le Drive de Refn, pas le Fast & Furious.
Pour un sujet qui parle de vitesse et de bitume nocturne, la tentation aurait été d'aller chercher l'esthétique synthwave néon — TikTok-friendly, mais usée jusqu'à la corde. J'ai préféré une référence plus chic et adulte : « Drive » de Nicolas Winding Refn et « Blade Runner ». Couleurs sourdes, halos violets feutrés, beaucoup de bleu nuit, et juste assez de cyan pour rappeler qu'on roule la nuit.
« Une refonte chromatique pour un look plus chic et adulte — Drive / Blade Runner plutôt que synthwave trash. »
Le concept de navigation : trois épisodes, trois ambiances sonores (moteurs, sirènes de police, notification mobile), un système de chapter switcher qui change le fond, le titre, et la nappe audio en synchronisation. Le scrollytelling Mapbox pour l'épisode 2 ancre les zones de police belges sur une carte interactive du pays.
Violet vif sur bleu nuit.
Cinq couleurs, hiérarchisées. Le violet vif #7226ff en signature — halos, taglines, boutons. Le bleu nuit #211632 comme fond principal, avec un quasi-noir bleuté #010030 pour les zones très sombres et les dégradés. Un rose vif #f042ff en accent secondaire ponctuel, et un cyan #87f6f5 en touche froide discrète — juste un reflet pour faire respirer le tout. Sur fond clair (le footer équipe), un rose pâle #ffe5f1 remplace le blanc pur.
Deux voix, opposées.
Une display ultra-bold pour les titres, une géométrique mécanique pour les stats — deux familles, deux registres opposés.
Bebas Neue
Display, condensé, ultra-bold. Pour les titres de chapitre, le hero « Rodéos urbains », les boutons de topic, les ghost titles en arrière-plan. Le grain qui évoque les affiches de salle de cinéma — légèrement vintage, mais assumé. Letter-spacing à 0.02em pour lui donner un peu d'air.
Michroma
Sans-serif géométrique mécanique. Pour les sous-titres techniques, les labels chiffrés des stats par épisode (84 / 71 / 92 / 48), les indicateurs de section. Sa rigueur formelle évoque les fiches techniques automobiles, presque mécaniques.
Arial / Helvetica
Pour le corps de texte — choix volontairement discret. Tout le travail typographique se joue dans les titres ; le corps doit rester invisible pour ne pas concurrencer les photos d'Ennio Cameriere.
Quatre défis techniques.
Quatre pièces de génie en plomberie pour donner au dossier son atmosphère cinéma.
Cartographie scrollytelling
Pour l'épisode 2, une carte de la Belgique en sticky qui se met à jour au fur et à mesure du scroll. Chaque step du récit déclenche un zoom, un highlight de zone de police, et un panel d'information. Implémentation : Mapbox GL JS pour le rendu + Scrollama pour la détection du step actif. Hover sur une zone → tooltip avec chiffres détaillés des interventions.
Audio ambient + sons par épisode
Une nappe d'ambiance générale en boucle (imbiance-generale.mp3) + trois sons spécifiques aux épisodes : moteur (Rodéos), sirène de police (Police), notification (Réseaux sociaux). Toggle audio global avec animation canvas de waveform en temps réel. Cross-fade entre les nappes au changement d'épisode.
Topic switcher en cross-fade
Trois layers de background-image positionnés en absolute, dont un seul avec la classe active. Au clic sur un topic, l'opacité bascule progressivement. Le titre, le résumé, les stats et l'audio se mettent à jour en synchronisation via un objet de données central.
Halos violets calibrés
Trois box-shadows superposés (--glow-primary-soft et --glow-primary-strong) pour créer des auras autour des titres et boutons sans tomber dans l'effet « néon TikTok ». Très diffus à l'extérieur, plus dense au centre. La touche cyan en troisième couche, à 6% d'opacité, donne le reflet froid sans qu'on le remarque consciemment.
Le projet, par les chiffres.
Le dossier Rodéos Urbains.
Six personnes pour faire vivre cette enquête — sur le terrain, en édition, à l'image et en design.
Nicolas Gobiet
Journalistes au service Belgique de La Libre. Plusieurs nuits sur le terrain à Bruxelles, Charleroi, Namur et Mons pour suivre les rassos illégaux et les forces de police.
Photojournalist & vidéographer. Captures photo et vidéo des rassemblements, des interventions de police et des arrière-plans urbains nocturnes.
Lina Triniac
Montage des séquences vidéo qui ouvrent chaque épisode et des ambiances qui tournent en boucle dans le hero du dossier.
Infographiste à La Libre. Cartographie des zones de police belges concernées et data viz des chiffres d'infractions.
Direction artistique, design éditorial et développement front-end du webdoc. raphaelbatista.com
Ce que ce projet a changé.
Rodéos urbains, c'est mon dossier le plus « cinéma » — celui où je me suis permis d'aller chercher une référence pop culture haut de gamme (Drive, Blade Runner) sans la trahir. La palette violet/bleu nuit avec un soupçon de cyan, je ne l'aurais pas osée il y a cinq ans — trop saturée, trop assumée. C'est l'enquête de Louis, Nicolas et Ennio qui justifie ce choix : leur sujet vit dans la nuit, dans la tension, dans la lumière des phares LED. Le design suit.
La leçon : un dossier à haute énergie visuelle ne demande pas plus de design, il demande des choix plus francs. Une palette saturée, mais cinq couleurs maximum. Une typographie marquée, mais deux familles maximum. Des halos violet, mais à intensité contrôlée. C'est exactement la philosophie que j'applique dans la refonte de ce portfolio — assumer, mais cadrer.